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Les suites de la tempête Xynthia

Une dureté inversement proportionnelle au laxisme d’hier

lundi 19 avril 2010, par Brigitte Desveaux

La tempête Xynthia fait la une des journaux régionaux, voire nationaux depuis un mois et demi. Catastrophe annoncée, cellule de crise mobilisée pour avertir les maires et les services de secours, rien de plus. Certains maires avaient averti par du porte à porte leurs habitants, les encourageant à venir s’abriter dans un lieu sûr par principe de précaution. Pour aller plus loin, qui a les moyens et l’autorité pour évacuer les populations : le préfet, mais il n’a pas jugé cela utile…

Et déjà une polémique est montée, avec les courageux questionnements des médias. Alors que la compassion devenait un prétexte pour ne rien avouer, les journalistes ont été les seuls à interpeller les pouvoirs publics, les élus locaux, les sinistrés : fallait il évacuer, pouvait-on éviter ces morts, ces désastres qui avaient ravagé en une nuit, pour certains l’histoire d’une famille, pour d’autres les économies d’une vie ?

L’ampleur du sinistre

Certaines personnes ont été piégées dans leur maison, dépourvues d’étage pour des raisons de protection paysagère. Beaucoup heureusement sont saines et sauves, mais ont tout perdu, y compris la capacité de se projeter dans l’avenir et la reconstruction. Des élus et des tas de bénévoles venant de partout leur ont apporté le temps du réveil un secours précieux.

Face à eux : les réponses de l’Etat, une dureté inversement proportionnelle au laxisme d’hier.

La construction sur la bande littorale est interdite sur une largeur de 100 mètres et l’implantation de nouveaux bâtiments dans des secteurs exposés aux risques, naturels ou technologiques, doit être organisée ou interdite à travers des plans de préventions des risques (PPR). Cela existe pour les usines dangereuses (PPRT, type Séveso) et pour les secteurs inondables ou proches du littoral (PPRI). Or, à part sur les îles, Oléron et Ile de Ré, aucun PPRI n’est approuvé sur la bande littorale comprise entre Fouras et Charron ! Ce n’était pas une priorité pour le préfet, tout comme le PPRT de Rhodia, de Gratecap ou encore Picoty encore à l’étude à ce jour. Cette passivité évitait l’information et la contrainte : elle a permis aux élus ou aux communes de garder leur potentiel d’urbanisation ; à des promoteurs peu scrupuleux de vendre des mètres carrés et aux acheteurs de réaliser leur rêve d’une maison les « pieds de l’eau ».

Et comme souvent, malheureusement après la catastrophe, le réveil est brutal.

Le préfet n’a pas trouvé mieux que de punir, sans dialogue, sans nuance, sans délais, incluant dans les périmètres à démolir même des constructions ancestrales. Des procédures existent, elles prévoient la concertation, l’expertise contradictoire ; ce sont des dispositifs certes imparfaits mais ils ont le mérite de prévoir du temps, des échanges, de la transparence et évitent la sensation d’arbitraire répandue aujourd’hui qui pousse certains à la surenchère et à la colère.

Néanmoins la démagogie est-elle profitable aux sinistrés ?

Des chevaliers blancs élèvent la voix au nom des élus locaux et des riverains (certains parlent de moratoire d’autres de suppression des zones noires) Est ce vraiment rendre service aux habitants ? Qu’obtiendra un sinistré en déclassant sa maison de la zone noire vers la zone jaune ? Une moindre indemnisation, des prescriptions qui dévalueront son bien, des assureurs réticents et pour certains la peur au ventre à chaque aléa climatique.

Nos propositions

(certaines viennent d’être annoncées par le ministère de l’environnement, espérons qu’elles se concrétisent).

Engager le dialogue avec les communes et les sinistrés pour une explication des zonages en toute transparence.

Accepter la remise en cause de certains tracés, à l’appui des témoignages, des expertises supplémentaires comme cela se pratique dans l’élaboration des PPRI.

Constituer une cellule d’appui aux sinistrés regroupant les fédérations d’assurance, de banques, d’organismes fonciers (SAFER, Etablissement public foncier régional) pour débloquer rapidement les remboursements de réparation, reporter les échéances de prêt, obtenir des taux d’intérêt faibles pour le relogement, viabiliser rapidement des terrains pour la reconstruction et privilégier dans ces nouvelles constructions, l’approche écologique (écoquartier, proximité services publics, dont les transports publics, densification des zones urbanisées…)

Etablir ce qui aurait dû être fait depuis longtemps (PPRI) tout comme d’autres dispositifs oubliés dans ce département : plan départemental des déchets, PPRT pour les usines Sévéso

Mettre en place un véritable service public d’entretien des digues et un réseau d’alerte

Rendre publique l’étude submersion financée par le Conseil régional, sur l’impact du changement climatique

Et alors, comme le concluait le Grenelle de la mer, il faudra accepter de laisser certaines zones à la mer et de protéger les autres.

Pour les Verts-Europe Ecologie Poitou-Charentes : Brigitte Desveaux co-secrétaire régionale et porte parole (06.11.74.62.44)

Pour les Verts-Europe Ecologie Charente maritime : Jean Paul Russier – Porte parole Verts Charente maritime (06.63.48.44.72)

3 Messages de forum

  • Les suites de la tempête Xynthia 3 mai 2010 13:30, par bernique

    "surenchère","démagogie","chevaliers blancs" ?

    Il en est parmi les victimes , pour refuser ce zonage bâclé et bidouillé pour des motifs qui me semblent dignes d’être lus et entendus : l’évènement Xynthia analysé dans la conjonction d’un fort coefficient de marée , d’une dépression responsable d’une surcote d’environ 1,50m , et d’une coïncidence exacte entre le passage de la tempête et l’heure de haute mer , est d’une probabilité très faible (même si le facteur 10 000 ne peut plus être invoqué , semble-t-il), du même ordre que la chute d’un astéroïde , par exemple , et raser la zone d’impact est parfaitement ridicule. quand bien même ce serait une tempête à retours fréquents , pourquoi ne pas faire une application des principes de ce zonage à tous les espaces littoraux semblables du territoire national ? réponse : parce que Sarkozy n’avait pour objectif qu’un coup médiatique de plus , dans l’urgence et l’absence de réflexion ,avec comme toujours , les spéculateurs en embuscade. Ne croyez surtout pas que ces espaces récupérés après destruction des habitations redeviendront des zones naturelles ! Vous avez lu la lettre de Borloo aux élus ? Il y est dit on ne peut plus clarement qu’on y développera des "activités économiques" , par exemple des zones de loisirs (marchands) et des marinas ? Xynthia aurait pu être un bel emblème , mais les situations concrètes ne s’adaptent pas forcément aux thèses écologistes , aussi justes soient elles.

  • Les suites de la tempête Xynthia 20 juillet 2011 19:39, par AZxEZIfNmOwom

    Thanky Thanky for all this good infomration !


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