ENVIRONNEMENT Hier, les Verts et Europe Écologie ont remis à la préfecture de Poitiers une lettre ouverte critiquant la gestion de l’eau. Les irrigants sont accusés de mettre les rivières à sec.

- Marie Legrand, Vice-présidente du Conseil Régional
Dans le lit à sec du Clain à Poitiers, Marie Legrand (à gauche) signant la lettre ouverte déposée à la préfecture de Poitiers par Eric Joyaux (second à droite).
« Y’en a marre de faire le même cirque depuis 20 ans. » Marie Legrand, conseillère régionale, secrétaire départementale des Verts de la Vienne, a pourtant traversé le Clain presque à pied sec hier midi à Poitiers, à l’issue d’un entretien avec la presse pour dénoncer la situation de crise existant dans la Vienne en matière de ressources en eau. La Fédération des pêcheurs et Vienne Nature étaient également représentée : ils font partie d’un collectif qui a tiré la sonnette d’alarme fin juillet. Depuis, le débit du Clain a passé sous son seuil de crise (1,7 m3 sec.) le mercredi 5 août.
L’élue régionale en a profité pour signer sur une table de camping mise en place dans le lit du Clain, la lettre ouverte adressée au préfet de région Bernard Tomasini critiquant sa gestion de l’eau en Poitou-Charentes. « Une lettre similaire doit être remise aux préfets des trois autres départements aujourd’hui », a précisé la conseillère régionale.
Critiques
Après 2003 et 2005, « années de crises majeures pour la gestion de l’eau dans notre région... nous voici de nouveau, moins de cinq ans après, face à une crise importante alors qu’on aurait pu espérer que tous en tireraient les enseignements et que réflexion et travail en amont permettraient d’éviter de se trouver une fois encore face à une situation de crise et à des réponses à court terme », déplorent les militants.
Pour eux, « la Région Poitou-Charentes est devenue structurellement déficitaire en eau estivale du fait du développement de la maïsiculture irriguée intensivement ».
Recours judiciaires
Dans ses derniers paragraphes, la lettre ouverte indique la possibilité « d’une plainte contre X pour mise en danger d’autrui au motif que les prélèvements excessifs en eau peuvent faire courir un danger à certaines catégories fragiles de la population ». Une action civile est également évoquée « à l’encontre des organisations professionnelles d’irrigants en réparation du dommage causé à l’environnement, en application des principes de la Charte de l’environnement ».
Michel Caillon, présent lors du pique-nique sur le Clain, a indiqué que Vienne Nature se prépare à saisir le tribunal administratif de Poitiers pour interdire le projet de réserves de substitution en eau prévues aux Roches-Prémarie.
DELANNOY Stephane
Centre Presse
19/08/2009